UN NOUVEAU SOUFFLE POUR LES RIVIÈRES

A l’été 2019, le service des rivières de la Communauté de communes Gâtine et Choisilles Pays de Racan a engagé des travaux de restauration des cours d’eau principalement sur l’Escotais au pied du Château de La Roche Racan à Saint-Paterne-Racan et sur la Dême, aux Hermites, sur un secteur conventionné dans le Castelrenaudais.

En chiffres

Coût des travaux : 55.000 euros HT. Ces travaux sur l’hydromorphologie ont été financés à 80 % par nos partenaires financiers.

L’objectif : redessiner les courbes de la rivière pour recréer des zones d’habitat et de circulation propice au développement de la population piscicole, notamment de la truite fario.

Un contrat territorial sur cinq ans

Ces travaux sont effectués dans le cadre d’un programme pluriannuel d’actions sur la continuité écologique et la restauration hydromorphologique des cours d’eau. L’ensemble de ces actions nécessaires pour garantir une meilleure qualité de l’eau est consigné dans le Contrat de restauration Escotais-Long-Dême co-signé en 2018 par la Communauté de communes Gâtine et Choisilles Pays de Racan, l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, la région Centre Val de Loire, le Conseil Départemental d’Indre-et-Loire, la Fédération et les associations de pêche. Cette feuille de route a permis de définir l’investissement nécessaire, 1,2 million d’euros sur 5 ans, la liste des chantiers et l’apport des travaux, réévalués a posteriori.

Les efforts de la collectivité se poursuivront ainsi jusqu’à la fin du contrat territorial en 2022.

 

Partenariats techniques et financiers

EXEMPLE EN AMONT DE CHEMILLÉ-SUR-DÊME

En 2018, ce tronçon de la Dêmée était fortement dégradé avec notamment une absence d’habitat. Le peuplement piscicole en 2018 est faible et montre la présence de poisson non-caractéristique d’un cours d’eau de ce type. Après les travaux, la population piscicole a très largement augmenté pour les espèces souhaitées, notamment des truites : une truite adulte et 7 truitelles sur ce tronçon ont été comptabilisé. Cette action a permis la diminution du nombre d’espèces « non souhaitées ».

À noter que les travaux ont été effectués sur un tronçon de 100 mètres. Nous pouvons imaginer très largement le bénéfice environnemental si l’intervention avait été réalisée sur une plus grande étendue.

Mai 2018 : lors de l’inventaire seulement une truite fario adulte a été recensée

Juillet 2019 : travaux de réaménagement

Mai 2020 : l’inventaire recense 8 truites dont 7 truitelles

La population piscicole sur le tronçon a été multipliée par 3 sur les espèces souhaitées.

POISSON 2018 2019 2020
Anguille 6 Travaux 2
Chabot 29 169
Épinochette 19 9
Loche franche 3 22
Truite de rivière 1 8
Carassin 1 /
Perche commune 8 /
Perche soleil 1 /
Gardon 9 1

L’inventaire sur ce tronçon a été réalisé en mai 2020 par la Fédération de la pêche 37 et la CC Gâtine-Pays de Racan. Les travaux ont été en partie financés par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, la région Centre-Val de Loire et le Département.

Contact : 02 47 29 83 89 – rivieres@gatine-racan.fr.

LES TROIS PRINCIPAUX COURS D’EAU

L’Escotais, le Long et la Dême sont trois cours d’eau classés depuis 1991 selon l’article L. 432-6 du Code de l’environnement et depuis juillet 2012 selon l’article L.214-17. Ces trois cours d’eau et ses affluents sont classés en première catégorie piscicole et sont non-domaniales.

Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

L’ESCOTAIS

L’Escotais est un affluent du Loir qui traverse quatre communes : Neuillé-Pont-Pierre (la source), Saint-Paterne-Racan, Saint-Christophe-sur-le-Nais et Dissay-sous-Courcillon dans la Sarthe (la confluence avec le Loir).

Il coule sur 55,8 km.

Les caractéristiques d’accueil de la truite sont très favorables et leur présence avérée avec des secteurs propices à la reproduction de la truite Fario : des frayères, endroit où les femelles déposent leurs œufs afin que les mâles les recouvrent de semence, sont régulièrement observées.

L’Escotais

LE LONG

Le Long est un affluent de 46,61 km de l’Escotais avec qui il conflue après le bourg de Dissay-sous-Courcillon dans la Sarthe. Il prend sa source à Rouziers-de-Touraine, puis serpente sur les communes de Beaumont-Louestault, Neuvy-le-Roi, Bueil-en-Touraine, Villebourg et Dissay-sous-Courcillon

Ses profondeurs sont composées de truites fario et de ses espèces d’accompagnement (chabots, loches franches et vairons).

Le Long

LA DÊME

La Dême est un affluent du Loir, qui traverse la Ferrière (source), Marray, Chemillé-sur-Dême, Louestault, Épeigné-sur-Dême, Beaumont-sur-Dême et Marçon (confluence).

La Dême file sur 76,6 km.

La Dême accueille les truites fario et ses espèces d’accompagnement (chabots, loches franches et vairons).

La Dême

NOS COURS D’EAU SONT-ILS EN BONNE SANTÉ ?

La bonne santé d’un cours d’eau se traduit par son bon “état écologique”. Pour connaître l’« état écologique », on se réfère :

  • d’une part aux organismes aquatiques présents dans les cours d’eau : algues, invertébrés (insectes, mollusques, crustacés…) et poissons
  • d’autre part, à l’acidité de l’eau, le taux d’oxygène et la concentration en nutriments (azote et phosphore).

 

LES ACTIONS MENÉES PAR LA CCGCPR

La Communauté de Communes de Gâtine et Choisilles – Pays de Racan mène de nombreuses actions afin de :

1. FAVORISER L’AUTOÉPURATION DU COURS D’EAU :

L’autoépuration ? L’autoépuration d’une rivière est sa capacité biologique à se nettoyer elle-même, l’un des facteurs déterminant pour l’autoépuration du cours d’eau est l’oxygène présent dans l’eau.

Des actions pour redynamiser les cours d’eau, permettent d’augmenter le taux d’oxygène dans l’eau et ainsi favoriser son autoépuration.

Parmi ces actions nous retrouvons la recharge granulométrique (pose de blocs, cailloux, pierres etc …) et la réduction de largeur d’écoulement.

 

Exemple :

 

2. EN RÉTABLISSANT LA CONTINUITÉ ÉCOLOGIQUE :

Qu’est-ce que la continuité écologique et pourquoi la rétablir ?

La continuité écologique se traduit par la libre circulation des poissons et des sédiments. En d’autres termes les poissons doivent pouvoir circuler de la source du cours d’eau jusqu’à sa confluence. Et pour se faire tout obstacles doivent être rendus transparents (article l-214-17 du code de l’environnement);

Pourquoi la rétablir ?

– La circulation de la faune piscicole se voit réduite ;

– Le développement d’espèces piscicoles d’une eau froide et oxygénée diminue (truites) ;

– Le développement d’espèces d’eau calme et chaude augmente (carpe,brochet) ;

– La température de l’eau augmente ;

– La prolifération de végétaux augmente : algue filamenteuse (eutrophisation) ;

– l’évaporation de l’eau s’accroît ;

 

À savoir !

– Suivant les ouvrages et leurs usages associés découle une solution de mise en transparence spécifique.

– Toutes actions qui ont pour but de rétablir le bon état écologique d’un cours d’eau sont susceptibles d’être subventionnées de 50% à 100 % par l’Agence de l’eau, le département 37, la région Centre-Val de Loire, la Fédération de Pêche et AAPPMA ;

 

Exemple :

Rendre « transparent » un Moulin :

Suivant les caractéristiques du Moulin plusieurs solutions de mises en conformité sont réalisées comme rendre « transparent » un ouvrage non conforme.

Dans la plupart des cas les ouvrages transversaux au cours d’eau sont non conformes. Dans ce cas l’effacement partiel ou total est ordonné.

L’effacement est l’action la moins coûteuse et la plus bénéfique pour l’environnement.

Toutes ces actions participent à l’amélioration de la qualité de l’eau et accentuent le développement de la faune piscicole !

 

À l’échelle du département d’Indre-et-Loire, 1% de l’eau que nous buvons est pompée en eaux de surface (rivières) et les 99 % restant en nappes souterraines. Les nappes souterraines se rechargent par l’infiltration de l’eau de pluie, des lacs et des rivières. Toutes les actions menées ont pour but de garantir la bonne santé des cours d’eau et par conséquent, maintenir la qualité de l’eau du robinet.

LES DROITS ET DEVOIRS DES PROPRIÉTAIRES RIVERAINS DES RIVIÈRES

JE SUIS RIVERAIN, J’AI LE DROIT DE...

+ de puiser de l’eau : en respectant les arrêtés de sécheresse. Ce droit d’usage est limité à des fins domestiques, agricoles (arrosage, abreuvement), à condition de respecter un débit minimum pour l’équilibre des cours d’eau.

+ d’extraire des matériaux : à condition de ne pas modifier le cours de l’eau, de ne pas perturber l’écosystème et de protéger les biens et les personnes. Le propriétaire riverain peut disposer des matériaux déposés dans la partie du lit lui appartenant (vases, sables, pierres), dans les limites imposées par les règles en vigueur.

+ de pêcher sur la propriété avec une carte de pêche : Le propriétaire riverain dispose du droit de pêche sur sa propriété. Pour exercer ce droit, il doit être membre d’une AAPPMA et s’acquitter de la taxe piscicole, une mesure permettant la protection et l’entretien des cours d’eau. Code de l’environnement, Art L435-4.

Cette taxe peut être prise en charge par une AAPPMA ou par la Fédération départementale de pêche et de protection des milieux aquatiques qui, en contrepartie, exerce gratuitement le droit de pêche pendant la durée de la prise en charge de cette obligation. Code de l’environnement, Art L432-1.

 

BON À SAVOIR !

Les opérations de prélèvements d’eau et d’extractions, parce qu’elles peuvent impacter durablement les écosystèmes aquatiques, sont soumises à l’autorisation des services de la Police de l’eau.

JE SUIS RIVERAIN, J’AI LE DEVOIR DE…

+Assurer l’entretien du cours d’eau de ma propriété : Le propriétaire riverain est tenu à un entretien régulier du cours d’eau. Il s’agira de maintenir la qualité de l’eau, de permettre l’écoulement naturel et de contribuer à son bon état écologique en favorisant son écoulement. Code environnement Art. L215-14.

+Maintenir la libre circulation des poissons et des sédiments. Les cours d’eau gérés par la Communauté de Communes sont classés en catégorie 2 et donc soumis à un règlement spécifique concernant l’écoulement de l’eau comme l’interdiction de recréer un ouvrage de plus de 15 cm, d’aménager, de supprimer ou de créer un dispositif de franchissement si l’ouvrage est de plus de 15 cm… Code environnement, Art. L214-17.

BON À SAVOIR !

La collectivité peut intervenir sur une propriété privée pour réaliser des travaux d’entretien sur les cours d’eau si ces travaux sont préalablement déclarés d’intérêt général par arrêté préfectoral à l’issue d’une enquête publique.

Si un propriétaire ne s’acquitte pas de l’obligation d’entretien régulier, la commune ou le syndicat compétent peut, après une mise en demeure infructueuse, se substituer aux devoirs du propriétaire. Ce dernier sera dans l’obligation de régler le montant des travaux.

Code de l’Environnement, Art. L215-16.

Pour en savoir plus :

À télécharger : RIVIERES Bulletin Info Riverains 2020.

Vous êtes riverain ? Le technicien de rivières de la Communauté de Communes de Gâtine et Choisilles – Pays de Racan est là pour vous conseiller et vous accompagner dans vos démarches :

Alex Tarbouriech

02 47 29 83 89

06 86 48 79 65

rivieres@gatine-racan.fr