L’introduction accidentelle ou volontaire d’une espèce dans un nouveau milieu de vie entraîne immanquablement des répercussions environnementales.

Lorsque le nouveau territoire est propice, que les prédateurs, la concurrence, le parasitisme sont restreints ou inexistants, l’espèce peut même devenir « envahissante ».

Ces nouvelles espèces peuvent changer les caractéristiques de l’écosystème d’accueil, avoir des impacts sur la faune et la flore endémique, les usages et parfois la santé.
Plus généralement, le développement d’espèces envahissantes est la 3ème cause mondiale de baisse de la biodiversité.

Faune envahissante

Ragondin (Myocastor coypus)

Mammifère originaire d’Amérique du Sud, il a été introduit en Touraine à la fin du XIXème siècle. D’une taille comprise entre 40 et 60 cm, il possède une longue queue ronde de 30 à 45 cm. Pesant de 5 à 9 kg, c’est un herbivore opportuniste qui possède comme signe distinctif, 4 incisives orange vif.

Ragondin (Myocastor coypus).

Rat musqué (Ondrata Zibethicus)

Mammifère originaire d’Amérique du Nord, il a été introduit en Touraine au milieu du XXème siècle. D’une taille comprise entre 25 et 40 cm, il possède une queue ovale de 20 à 25 cm. Pesant environ 2 kg, c’est un herbivore à tendance omnivore lors des périodes de disettes hivernales.

Rat musqué (Ondrata Zibethicus).

Ces deux espèces creusent des terriers qui déstabilisent les berges des cours d’eau, les digues d’étang ou ouvrages pouvant même aller jusqu’à leur effondrement.  Leur alimentation quasi uniquement herbivore entraîne un appauvrissement de la végétation naturelle, et des dégâts aux cultures.

Ces mammifères ont également un impact potentiel sur la santé publique car ils sont porteurs des bactéries responsables de la leptospirose mais aussi de vers parasites responsables de la douve du foie.

Depuis 2007 en Indre-et-Loire, la lutte collective contre le ragondin et le rat musqué est rendue obligatoire par Arrêté Préfectoral. La C.C.T.S. souhaite élaborer une politique de lutte globale et encourage chaque piégeur du territoire à continuer les efforts.

Écrevisses 

 Trois espèces indigènes d’écrevisses ont été introduites dans les eaux françaises au cours du XIXème siècle. Plus fécondes, plus agressives et porteuses saines de pathologies (peste des écrevisses ou Aphanomycose), leur présence entraîne un risque très élevé de disparition des espèces autochtones. Ces crustacés sont également en partie responsables de la destruction des herbiers aquatiques servant notamment de support de ponte aux poissons.

Les trois espèces d’écrevisses américaines sont considérées par la loi comme des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques. La législation française depuis l’Arrêté du 21 juillet 1983 relatif à la protection des écrevisses autochtones, interdit l’introduction, le transport et la commercialisation à l’état vivant de ces espèces.
Les trois espèces suivantes sont concernées par ces aspects réglementaires.

 

  • Écrevisse de Louisiane (Procambarus clarckii)

Originaire du nord du Mexique et du Sud-est des Etats-Unis, l’écrevisse de Louisiane a été introduite en France en 1976 pour son élevage.
Elle présente une coloration rougeâtre, des pinces granuleuses couvertes de tâches rouges et un ergot caractéristique sur le dernier article avant les pinces. Vivant naturellement dans les marais, elle s’accommode des étangs et des cours d’eau lents. Elle creuse dans les berges ou les digues, des terriers allant jusqu’à 2 m de profondeur, la rendant ainsi capable de supporter des conditions extrêmes (températures, manque d’eau et d’oxygène etc.).
Mature au bout d’un an, chaque femelle porte en moyenne 500 œufs et peut se reproduire plusieurs fois dans l’année.

Écrevisse de Louisiane (Procambarus clarckii).

 

  • Écrevisse américaine (Orconectes limosus)

Originaire de l’Est des Etats-Unis, elle a été introduite dans le centre de la France en 1911. L’écrevisse américaine est de petite taille puisqu’elle mesure moins de 12 cm. Elle présente généralement des colorations brunes à verdâtres plus des tâches brunes sur les segments dorsaux qui sont caractéristiques de l’espèce. Son rostre à bord parallèle en forme de gouttière et un ergot sur l’article précédent les pinces sont également représentatives de l’espèce.
L’écrevisse américaine s’accommode d’une eau de mauvaise qualité. Elle vie dans les eaux calmes à faiblement courantes où le fond est limoneux et riche en végétation.
Mature dans sa deuxième année, chaque femelle porte de 100 à 200 œufs.

Écrevisse américaine (Orconectes limosus).

 

  • Écrevisse signal (Pacifastacus leniusculus)

L’écrevisse signal, ou écrevisse du pacifique est originaire de la côte Ouest des Etats-Unis. Introduite en France dans les années 1970, elle s’échappe des élevages et colonise tous types de milieux aquatiques à raison de 2 à 3 km de cours d’eau par an.
Elle est reconnaissable à son céphalothorax (dessus de la tête) lisse, mais surtout à la tâche blanche ou bleutée présente sur l’articulation des pinces dont la face inférieur est rouge.
Elle colonise tous types de milieux, du ruisseau rapide et oxygéné aux étangs et lacs tant que la qualité d’eau est bonne. Elle entre donc en concurrence directe avec l’écrevisse à pieds blancs, espèce endémique de nos cours d’eau.

Chaque femelle porte de 100 à 200 œufs.

 

Écrevisse signal (Pacifastacus leniusculus).

Flore envahissante

Jussie sp.

Il existe deux espèces de jussie en France, la jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) et la jussie péploïde (Ludwigia peploïdes).

Plante aquatique originaire d’Amérique du Sud, elle a été introduite en France à des fins ornementales au XIXème siècle. Très reconnaissable avec ses fleurs d’un jaune vif. Elle forme de grands herbiers denses et affectionne particulièrement les eaux stagnantes ou calmes et bien éclairés. Elles se propagent par bouturage, un morceau de plante de quelques centimètres donnera une nouvelle plante. Le développement massif de cette plante entraine une baisse notable de la biodiversité, végétale et animale.

Pour lutter contre la jussie, un arrachage manuel et consciencieux paraît le plus adapté pour limiter la propagation. L’arrachage mécanique, efficace sur des herbiers très importants, présente cependant un risque important de dissémination de la plante par bouturage des morceaux créés.

Jussie sp.

 

Elodée dense (Egeria densa)

L’élodée dense est originaire d’Amérique du Nord et se retrouve dans les cours d’eau depuis 1960.

C’est une plante complétement immergée qui peut mesurer de 3 à 5m de long. Sa tige est verte à brunâtre et ses feuilles sont fixées directement par 3 ou 4. Les fleurs sont blanches et éclosent à la surface de l’eau. Cette plante vivace ne se reproduit pas de façon sexuée sous nos latitudes mais de façon végétative (bouturage). Elle forme donc des herbiers très denses pouvant se développer dans plusieurs mètres d’eau.

Élodée dense (Egeria densa).

 

Renouée du Japon (Fallopia japonica)

Originaire d’Asie, la renouée du Japon à été introduite en Europe au début du 19ème siècle pour ses qualités esthétiques.  Elle possède des grandes tiges creuses, vertes ponctuées de rouge, hautes de 3 à 5 mètres. Ses larges feuilles sont d’un vert franc et ses tiges creuses. Ses fleurs sont petites et en grappe, blanche à jaune pâle en été.
La Renouée affectionne les milieux riches et humides comme les bords des cours d’eau. Une fois implantées, elle forme rapidement un large fourré mono spécifique.

Son éradication est très difficile et fastidieuse puisque sa croissance rapide (entre 1 et 8 cm par jour) nécessite une fauche très fréquente. L’extraction des rhizomes parait elle aussi très problématique.

Renouée du Japon (Fallopia japonica).